Fusillades : les États-Unis n’ont plus de larmes pour pleurer

Abington. Cinq morts. New York. Quatre morts. Porto Rico. Six morts.

Une professeur américaine lors du rassemblement organisé après la tuerie de 2018 au lycée Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts.

Aux États Unis, on appelle communément « mass shooting » une fusillade faisant quatre blessés ou plus. En 2019, Gun violence, une ONG qui répertorie tous les incidents par armes à feu dans le pays, en a compté 336.

Des armes pour se défendre de la violence armée

Le sujet n’est pas nouveau et il est loin d’être réglé. Le port d’arme est un droit ancré dans la Constitution états-unienne qui, contrairement à la Constitution française, est très difficilement modifiable. Les Américains sont en effet partagés sur le destin du deuxième amendement, que les Républicains veulent protéger à tout prix et que les Démocrates veulent limiter.

« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé. » Deuxième amendement de la Constitution de 1787.

L’amendement est particulièrement protégé par la NRA, le lobby des armes qui finance une grande partie des hommes et femmes politiques américains.

Si la grande majorité des citoyens du pays condamnent et pleurent les victimes des armes à feu, le débat autour de la sécurité s’envenime. Les partisans du port d’arme défendent le droit à la protection (des armes pour se défendre) tandis que les opposants défendent le droit à ne pas avoir à le faire.

Les Etats les plus touchés par les tueries de masse

Aux Etats-Unis, « mass shooting » ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Le FBI, la police fédérale du pays, fait une distinction entre les fusillades de masse (qui font quatre blessés ou plus) et les tueries de masse (qui font trois morts ou plus, sans compter l’auteur des coups de feu).

Si la violence armée est un problème national, elle touche différemment les Etats du pays. Certains d’entre eux ont déjà adoptés des mesures locales pour tenter de la contrer. C’est le cas de l’Etat de New York, par exemple, qui limite les permis de détention et de port d’arme depuis la loi Sullivan de 1911. Son efficacité est toutefois restreinte puisqu’elle n’empêche pas le trafic d’armes provenant d’autres Etats.

Plus de mots pour soigner les maux

Depuis la tuerie de masse au lycée de Parkland en Floride, qui avait fait 17 morts, la violence armée est régulièrement dénoncée dans le pays. Les Américains critiquent également l’hypocrisie des représentants de l’Etat qui envoient régulièrement « leurs pensées et leurs prières » mais qui restent embourbés dans une inaction politique.

Contre les mots, les opposants demandent des actions, et vite. Formé par des lycéens, le mouvement March for our Lives a pris la rue en mars 2018 pour dénoncer l’usure du deuxième amendement et a réuni plus d’un demi-million de personnes. Ils sont à l’origine du projet « Un plan de paix pour une Amérique plus sûre » et proposent une série de solutions pour lutter contre le port des armes.

Malgré cette dénonciation croissante des armes à feu, la législation reste la même et le nombre de décès qu’elles entraînent ne faiblit pas. Reste à savoir si les candidats à la présidentielle de 2020 y changeront quelque chose.

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